Témoignage d’Islami, jeune du quartier de Felix Pyat et de Lucile booster territoriale.



ISLAMI, 24 ans, ACCOMPAGNÉ PAR IMPACT JEUNES À MARSEILLE (13)

« J’habite dans un HLM du parc Bellevue dans le quartier Félix-Pyat, l’un des plus pauvres de Marseille. Lucile Ranger, ma « booster d’insertion », je l’ai rencontrée chez moi la première fois. Elle a juste frappé à ma porte. Lorsqu’elle est venue me voir, je sortais de 18 mois de prison. J’avais fait quelques bêtises… Elle m’a proposé de faire une formation rémunérée dans la logistique. Elle sait nous parler, elle ne nous raconte pas d’histoires. Alors j’ai tout de suite dit oui ! Après cette formation, j’ai enchaîné par un chantier d’insertion en peinture pendant un an. Lucile m’a aidé à faire des CV, à bien parler aux chefs d’entreprise, à sortir du quartier. Je suis très reconnaissant pour tout ce qu’elle a fait pour moi. C’est la première fois que quelqu’un venait chez moi pour m’aider à m’en sortir. Elle m’a sauvé la vie ! C’est fini les bêtises. Aujourd’hui, je cherche un travail dans la logistique ou dans la peinture. Ma vie a changé, et en mieux. Aujourd’hui, c’est moi qui conseille à mes copains d’aller la voir pour trouver une formation et arrêter de galérer dans le quartier. »


LUCILE RANGER, BOOSTER D’INSERTION À IMPACT JEUNES

« Comme booster d’insertion, je suis à la fois éducatrice, conseillère pédagogique et assistante sociale. Une personne de confiance à qui les jeunes peuvent tout dire. Je travaille à Impact jeunes, un programme d’Apprentis d’Auteuil pour les 16-30 ans en grande difficulté d’insertion. L’idée, c’est d’aller à leur rencontre, de travailler à l’échelle d’un quartier, d’une cité, en faisant du porte-à-porte. Nous essayons de créer un lien de confiance avec ces jeunes des territoires oubliés de la République. C’est grâce à un voisin que nous sommes allés frapper à la porte d’Islami, dans le quartier Félix-Pyat. Comme je suis issue de ce quartier, je sais comment aborder les jeunes, je connais leurs codes. C’est d’autant plus facile pour moi de les convaincre. À l’époque, il était dans une mauvaise passe. Il ne sortait plus de chez lui. Ce jeune avait arrêté l’école en 5e. Nous avons donc commencé par de la remise à niveau en français et en maths, avant de le diriger vers une formation puis un chantier d’insertion, via notre centre de formation continue. Je suis très fière d’Islami et de son parcours. En trois ans, il est sorti de l’économie de la subsistance, a obtenu un diplôme (son premier !) et est sur une dynamique positive. »